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En dehors des studios : autres Pionniers ou Inventeurs
de génie !
En
1949 à New-York, Louis et Bebe Barron
créent leur propre petit studio afin de se consacrer
aux expérimentations électroniques. Les
époux Barron sont très influencés
par Norbert Weiner et son travail sur la
cybernétique, l'étude des mécanismes
de communication et de contrôle chez les animaux,
chez les hommes et dans les machines. En 1951-52, ils
réalisent leur toute première oeuvre : "Heavenly
Menagerie", puis créent les bandes sonores
de deux courts métrages de Ian Hugo "Bells
of Atlantis" en 1952 et "Jazz Of Lights"
en 1954.
En
1952 et 1953, John Cage travaille dans le studio
et avec l'aide du couple Barron, il prépare "William
mix", son premier travail sur bande, véritable
mozaïque sonore. Seront également conviés
à la composition de l'oeuvre : son ami architecte
Paul Williams et les membres de la "New York
School" : David Tudor, Morton Feldman,
Christian Wolff et Earl Brown. John Cage
découpe les bandes composées d'une centaine
de sons pré-enregistrés de la collection
des Barron (600 disques), et les recolle ensuite de manière
aléatoire (tirage au sort, et consultation du I-Ching).
Pour John Cage, le hasard permet de réinsérer
la musique dans la vie "l'art c'est la vie".
Contactés
par Gilds Schary, président de La MGM, Louis et
Bebe Barron composent, en 1956, grâce au couplage
d'oscillateurs, la bande son et les effets sonores du
film fantastique de série B : Forbidden Planet.
Pour la première fois, en raison de la large diffusion
du film, ces nouveaux sons électroniques arrivent
enfin à toucher le grand public. L'impact est considérable
sur le développement de la musique électronique,
même si il est vrai que l'électronique semble
cantonné à l'illustration, aux bruitages
des robots ou autres soucoupes volantes ! En 1962, les
Barrons fonderont la "Society for Electro Acoustic
Music" à Los Angeles. [+]
Raymond
Scott (1908-1994), pianiste jazz au sein de son combo
"The Raymond scott Quintette", ingénieur,
compositeur et inventeur est également l'un des
pionniers de la musique électronique. Dès
le début des années 40, il conçoit
les bandes sons et bruitages divers pour les dess ins
animés de la Warner Bros : "Loony Tunes",
"Merrie Melodies" ("Bugs Bunny",
"Daffy Duck"...) En 1946, il fonde Manhattan
Research Inc., le premier studio de création
de musique électronique au monde. Constitué
initialement d' Ondes Martenot, d'une Ondioline et d'un
Orgue Hammond "modifié", il y compose
au cours des années 50-60 une multitude de jingles
publicitaires et de morceaux expérimentaux (B.O.
des films de Jim Henson). Il compose également
trois albums "Soothing Sounds for Babies"
pour le "Gesell Institute of Child Development".
De son travail émerge la toute puissance des technologies
et cette vision utopique du progrès, si typique
aux années 50-60. Raymond Scott a également
créé plusieurs instruments de musiques fascinants
comme le Karloff, le Bass Line Generator, le Videola
ou le Clavivox (une sorte de theremin commandé
par clavier) en 1956 avec l'aide de Robert Moog.
L'aboutissement de ses réalisations sera l'Electronium-Scott,
commencé en 1950 et terminé en 1970 (l'un
des tout premiers séquenceurs) dont 4 exemplaires
seront achetés par la Tamla Motown.
[+]
Richard Maxfield (1927-1969), compositeur, professeur,
est surtout un "passeur d'influences".. De 1953
à 1955, il étudie avec Milton Babbitt
et Aaron Copland à Princeton. Grâce
à une bourse d'étude, il part en Europe
où il rencontre successivement Pierre Boulez
et Karlheinz Stockhausen et Luigi Nono puis
John Cage, David Tudor et Bruno Maderna
lors d'un second voyage. En 1958, Richard Maxfield participe
au séminaire de John Cage à la New
School for Social Research de New-York. L'année
suivante, il devient, dans cette même école,
le premier professeur de musique électronique aux
Etats-Unis. Riche de toutes ces rencontres, il a une influence
considérable sur les mouvements underground new-yorkais
et notamment sur le mouvement Fluxus. Il compte parmi
ses élèves, un certain Georges Maciunas,
mais aussi et surtout La Monte Young qui devient
son principal collaborateur et le principal interprète
de ses travaux. En 1959, Maxfield compose son premier
morceau électronique "Sine Music (A
swarm of butterflies encountered over the ocean)".
Dans ses oeuvres, il utilise des instruments et procédés
de traitement de la matière sonore qu'il crée
lui-même, les principes de la musique concrète,
des sonorités acoustiques et électroniques.
Il est également l'un des pionniers américains
dans la composition de musique purement électronique.
Entre 1960 et 1961, Richard Maxfield est présent
avec Georges Maciunas, David Tudor, Terry Riley,
Terry Jennings et Dick Higgins aux concerts
organisés par La Monte Young dans le loft de Yoko
Ono. De 1959 à 1964, il compose plus d'une
vingtaine d'oeuvres dont "Night Music"
(1960), "Dromenon" (1961), "Piano
concert for David Tudor" (1961) et "Toy
Symphony" (1962), puis "Electronic Music"
en 1967 avec David Tudor. Richard Maxfield se suicide
le 27 juin 1969, à l'âge de 42 ans.
Après des études en philosophie, art et
cinéma, Tod Dockstader (né en 1932)
débute en 1955 à Hollywood comme monteur
image et son. En 1958, il est employé comme assistant
ingénieur du son et concepteur d'effets sonores
par le studio Gotham de New-York. En 1960, il crée
sa première pièce de musique concrète,
pendant ses temps libres, Eight Pieces dont Fellini
utilise quelques extraits dans son film Satyricon.
Il compose ensuite Taveling Music (1960), Luna
Park (1961), Two Fragments from Apocalypse
(1961), Apocalypse (1961), Drone (1962),
Water Music (1963) et Quatermass en 1964,
pièce de 46 minutes pour laquelle il avait accumulé
125 heures d'enregistrements sonores. En 1967, il part
travailler au pavillon Air Canada de l'Expo 1967 à
Montréal, où il conçoit plusieurs
compositions et projections visuelles avec diapositives.
Malgré tous ces innombrables travaux, il n'a jamais
été reconnu à sa juste valeur du
fait de son parcours non académique, contrairement
à ses contemporains du Colombian-Princeton-Center.
Tombé dans l'oubli, il décide, en 1990,
de reprendre ses travaux et se consacre au projet 'Aerial',
entièrement basé sur des enregistrements
d'ondes radio AM (ondes moyennes).
Space
Age Pop, Library Music & Bizarreries Concrètes
D'autres
pionniers peuvent figurer dans cette liste, comme par
exemple, Hugh Davies, le pionnier de la musique
électronique anglaise, ou encore Daphne Oram
(1925-2003) qui est la première directrice du BBC's
Radiophonic Workshop en 1958, et à l'instar de
Raymond Scott, crée son propre studio "Oramics
Studio" dès 1959. Elle travaille essentiellement
sur l'image graphique et le signal audio, technique similaire
au système de papier perforé du Synthétiseur
RCA. Bruce Haack et ses travaux sur bandes, ses
comptines psychédéliques, le Brésilien
Jorge Antunes qui en 1962, fonde le studio de recherche
Chromo-Music et construit ses propres instruments électroniques
; dès 1965, ses travaux s'orientent vers l'exploration
des correspondances entre le son et la couleur. Otto
Joachim, l'un des pionniers de la musique électronique
au Canada. Peuvent également s'ajouter à
cette liste : Max Brand, Leo Kupper, Joe
Meek ("I hear a new world" le studio devient
un instrument de musique - 1960), Attilio "Art"
Mineo ("Man in space with sounds" - 1951-62),
Piero Umiliani "Musica dell'era tecnologica",
les productions exotica de Les Baxter et les créateurs
de l'ombre de la musique d'illustration ou Library Music
comme : John Baker, David Cain, Delia
Derbyshire au radiophonic Workshop ; Roger Roger,
Nino Nardini "Musique pour le futur",
Fabio Fabor "Mr. Diabolicus, Mr. Mysterious",
Eddie Warnerles, Cecil Leuter, Richard
Demaria, Peter Bonello, Georges Teperino,
Johanna Group, Eric Peters ; les catalogues
des studios Ganaro, Chappell, IM, PIL et Southern, mais
aussi : Erkki Kurenniemi, Tom Dissevelt,
Dick Raaijmakers (aka Kid Baltan), Henk Badings,
Pillip
Werren,
Arne Nordheim, Ron Geesin "A raise
of eyebrows", le Belge Arsène Souffriau,
Anthony King (Electric Bazaar)...
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s
u g g e s t i o n s
d ' é c o u t e
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> Louis et Bebe Barron
Bells of Atlantis, 1953
BO Forbidden Planet,
1955
> Morton Feldman
Intersection, 1951
> Earl Brown
Octet, 1953
> Raymond Scott
CIndy Electronium,
1959
Soothing Sound for Baby, 1963
Bufferin : "memories",
1967
> Richard Maxfield
Sine
Music, 1959
Night Music, 1960
Pastoral symphony, 1960
Amazing grace, 1960
Dromenon,
1961
Bacchanale, 1963
> Henk Badings
Evolutionen, 1957
> Tod Dockstader
Apocalypse, 1961
Two Fragments from Apocalypse, 1961
Water Mucic, 1963
Quatermas, 1964
Tango, 1964
Song, 2002
> Rob Freeman & the blue men
I hear a new world, 1960
orbit around the moon, 1960
> BBC Radiophonic Workshop
Dr who, 1963
> Daphne Oram
Four Aspects, 1960
> Hugh Davies
Quintet, 1967-68
> Bruce Haack
The Way Out Record for Children, 1968
Mean Old Devil, 1979
> Attilio Mineo
Man in space with sound, 1962
> Arne Nordheim
In Colorazione, 1968
Solitaire, 1968
Pace, 1970
Five Osaka Fragments, 1973
> Dick Raaijmakers
Piano forte, 1959-60
> Phillip Werren
Whale
piece, 1970-71
To phyllis, 1971
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